Caribou ! Notre coup de coeur aux Comores… Mohéli !

C’est avec une mer fortement agitée et des vagues envahissant le cockpit que Shakespeare a rejoint l’archipel des Comores pour une pause méritée.

Première étape, Anjouan, l’île la plus à l’Est de l’archipel pour, entre autre, régler les formalités d’arrivée. D’abord, deux jours (c’est un minimum !) sont nécessaires pour régler immigration, douane, et autres frais annexes : gendarmerie, police, capitainerie, … avec des prix à la tête.

Nous avons donc passé nos premiers jours sur Anjouan, dite «la perle des Comores ». Nos premières impressions sont mitigées. Anjouan est une île qui sent bon l’Ylang Ylang, cultivé pour en extraire l’essence si puissante, et le Girofle, qui sèche à tous les coins de rues… Anjouan est aussi une terre vallonnée, avec une journée rythmée par les appels du muezzin, et des sourires à tous les coins de rues; un accueil chaleureux qui accompagne nos pas d’un « Jéjé! » (bonjour, ça va ?) ou bien d’un « Caribou !» (Bienvenue ! ). Et puis ce plastique. Partout. Qui non seulement jonchent le sol, mais aussi toute la côte, et chaque ravine, chaque lit de rivière. Ce n’est pas à Mutsamudu, ville principale d’Anjouan, qu’on souhaite se mettre à l’eau ! Les lits de rivières sont de véritables décharges, et sur la berge près du port, en face du mouillage, règne un incessant fumet de plastique cramé. Oui, ça fait envie !

Premières impressions très particulières donc. Et c’est dans cette crasse que vit un peuple d’une gentillesse touchante. Oui, malgré cette saleté, les sourires qui nous accompagnent rendent presque agréable la balade dans la rue du bord de mer, ou dans les petites ruelles dans le quartier de la médina. Autour de nous, les Comoriens font tout pour nous rendre service. Une terre de partage, où les enfants coupent les biscuits en deux ou trois pour que chacun en ait un peu, alors qu’on ne compte plus les trous sur leurs vêtements. Partage, et fête, comme ma toute première soirée ici où je me retrouvais embarquée dans un mariage, à danser avec un ensemble de femmes en Salouva (paréo local). Visage recouvert d’une pâte jaune faite à base de santal, masque de beauté dans ce pays, lèvres rouges, Bijoux clinquants, yeux très maquillés, talons compensés, alors que le corps est recouvert des pieds à la tête de tissus chatoyants. Terre de contrastes donc.

Quelques jours sur Anjouan ont suffit. Cap sur Moheli, à l’Ouest, île vivrière des Comores, pour retrouver les ancrages et l’exploration des îlots. Découvrir ce que les fonds d’ici nous réservent.

Retrouvailles avec le petit village flottant qui suit la même route que nous (Utopia, Totem, Ceilydh), et nous voilà partis en exploration, aux abords de l’îlot Méa, en face du petit village de Nioumachoua, au cœur du parc marin.

Nous retrouvons le rythme qui nous a tant plu aux Chagos ou aux Maldives. Un ancrage qu’on apprivoise petit à petit, avec le plaisir de découvrir le monde du dessous, sous la surface bleue qui nous entoure: découverte de nouveaux reliefs, des couleurs, courants, et habitants de cette nouvelle étape dans notre périple Océan Indien! Parfois, nous avons la visite des pêcheurs du village d’en face venus en pirogue pour nous proposer Thon jaune, Thon banane, ou langoustes à des prix dérisoires.

D’autres fois, c’est nous qui rejoignons le village de Nioumachoua pour un maigre ravitaillement. Dans les boutiques, on ne trouve que les rudiments : sardines, bananes, super glu ( !!), beurre clarifié, et lait concentré sucré. Le poisson ? C’est sur la plage, entre les tas de plastiques, et les mouches, au retour des pêcheurs. Et l’essence pour notre annexe ? Il faut faire le tour du village pendant parfois plus d’une heure, et accompagné de l’un ou de l’autre de ses habitants pour finalement apprendre que c’est la crise… plus d’essence au village. Ou bien alors à 2 euros le litre. On est bien au bout du monde.

Retour au bateau avec 5 Litres trouvés in extremis.

Depuis quelques jours, nous arpentons donc les tombants. Parfois abrupts, le long desquels on aime se laisser « couler» jusqu’aux gorgones en contre bas. Le souffle est court, il faut que nos corps reprennent leurs habitudes de « poissons » ! L’eau est d’une extrême clarté. La vie parfois timide, et parfois riche au détour d’une patate « magique » où nous retrouvons quelques tortues, carangues (Caro et Amande), Lutjan, Mérous, nuages d’anthias se réfugiant dans les coraux à notre arrivée, et Cnidaires qui dansent dans le courant.

Coup de coeur des derniers jours, direction l’îlot d’en face, parce que les pêcheurs nous ont indiqué la possible présence de Manta… pas simple étant donné le peu de Français qu’ils ont, et le peu de Comorien que nous avons !

Et pourtant, Elle était bien là !

Des heures à jouer avec elle, à la voir revenir vers nous la gueule béante, pour capter le plancton des eaux remuées de cette petite anse. Nos sourires font des voies d’eau dans nos masques.

Et ces images resteront pour longtemps dans nos têtes.

Des images qui nous berceront pour la traversée direction Nosy Be. Départ bientôt pour deux jours de navigation pour Sophie B., Sophie J. et Christine. Je les rejoindrai un peu plus tard, pour un bon mois d’exploration à Madagascar !

Note : quelques problèmes d’accès au blog avec le réseau local, d’où ce silence ! En espérant que le tout sera réglé à Madagascar dans quelques semaines, avec en prime des photos d’ici !

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